Le ressenti, plus qu’un outil précieux

Très souvent, on a pu éprouver bien des émotions, parfois violentes, mais on a surtout passé son temps à penser, à ne faire que penser. Même et surtout en étant mal émotionnellement, on a pensé encore, on a d’ailleurs contribué au flot incessant des pensées. On pense, on pense, on pense, mais on ne pense jamais à considérer ce seul phénomène. Il est puissant, il est envahissant, il est permanent. On pense du matin au soir, peut-être un peu moins quand on est absorbé dans une activité qui demande de l’attention. Quant aux moments « bénis » où l’on cesse de penser, on ne les repère pas, précisément, parce que l’on ne pense pas ! Et, bien sûr, on ne fait ordinairement pas le lien entre un mieux-être et une activité mentale réduite, entre ses émotions et son penser intempestif, ni entre ce qui nous arrive et ce que nous avons d’abord pensé.
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L’amour dévoilé, l’amour véritable

Nous vivons tous diverses contrariétés, des circonstances plus ou moins difficiles, plus ou moins douloureuses, des moments plus ou moins prolongés d’humeur maussade, de l’insatisfaction que nous associons à un domaine ou à un autre… Et quelle explication donnons-nous à cela ? En général, nous n’en donnons aucune, soit juste habitués à endurer notre conditionnement, soit pour éviter de nous remettre en question. Toutefois, même si nous ne l’affichons pas comme étant notre explication délibérée, il en est une à laquelle prétend machinalement l’ego, notre mental conditionné identificatoire. Nous tenons éventuellement à nombre de positionnements et opinions, mais ce n’est que le blessé en nous qui s’exprime :

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Le sentiment irrationnel de culpabilité

Avec « le sentiment irrationnel de culpabilité », nous tenons un sujet de la plus grande importance et qui concerne tout le monde, même si « tout le monde » l’ignore ou en méconnaît l’ampleur, les conséquences. La culpabilité est à la base de notre conditionnement, quelle que soit notre blessure principale, quelles que soient nos différentes blessures. Je ne vais pas reprendre ici tout ce que j’ai déjà développé sur la culpabilité dans d’autres chroniques et je ne saurais trop en recommander la relecture ou la lecture :

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Le voulant attractif ou répulsif (Où est la résistance à lâcher cela ?)

Lectrice abonnée à la « Chronique du mois », Monique m’a questionné en ces termes : « En effet, j’en suis à ce stade où j’observe mes réactions et mes vouloirs, où je parviens quasi systématiquement à accueillir l’instant t, à l’apprécier et à ressentir consciemment mes états d’âme au fur et à mesure. Assez présente pour être dans cet état d’Être !

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Le regard qui transforme (un petit exemple personnel)

En considérant un certain mode de communications chroniques avec un interlocuteur Internet (communications qui tournent en rond et qui peuvent même être quelque peu rébarbatives), j’ai proposé que nous regardions ensemble – ou chacun de son côté – ce qui pourrait bien se cacher pour l’un et l’autre derrière ces échanges répétitifs et infructueux. Ce n’est en rien une proposition ou une possibilité exceptionnelle, et c’est ce que nous pouvons faire à chaque fois que quelque chose nous affecte, nous fait réagir d’une manière ou d’une autre, d’une manière très marquée ou plutôt subtile. L’identité de la personne impliquée ne présente aucun intérêt, parce que lorsqu’on se dispose à considérer ses ressentis et réactions, on est d’emblée au-delà de la situation d’abord incriminée et surtout dénoncée (quelle que soit cette situation).

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Le vouloir réagir et le vouloir vouloir versus le pur ressentir et l’appréciation

À lire ou à relire, la chronique précédente évoque subsidiairement la persistance de notre conditionnement misérable qui continue en effet de s’imposer alors même que nous l’avons bien identifié. Cette fois-ci, nous allons voir comment cette réalité tenace est possible ou les stratégies psychiques qu’elle utilise pour pouvoir se manifester, pour s’être manifestée encore et encore. Vous pouvez désormais bien connaître votre blessure principale, en savoir beaucoup sur vos autres blessures, et continuer pourtant de « subir » votre conditionnement, continuer d’être mal, de vous sentir mal trop souvent.
Il y a ce dont nous nous privons, à savoir la clé de l’épanouissement, de l’éveil (objet de la précédente chronique), et il y a le mécanisme psychique qui permet au conditionnement de rester en place. Il n’est certainement pas évident de le percevoir, de le sentir, de le reconnaître, et c’est précisément ce à quoi nous allons nous employer aujourd’hui. Vous n’avez pas besoin d’avoir identifié votre blessure pour recevoir de l’aide éventuelle à travers ce que vous allez lire ici. Il suffit que vous soyez disposé à basculer du positionnement « je sais (je connais mes problèmes) » au positionnement « voyons ce qui se passe vraiment en moi ! »

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La réaction ou la projection

(Depuis deux ou trois ans, j’ai pris l’habitude de twitter quotidiennement des « visions invitantes », aussi diffusées automatiquement sur ma page et mon compte Facebook. Je recueille fidèlement ces « visions » qui sont généralement inspirées ou dictées par les circonstances et j’en ai à ce jour environ neuf mille. Et comme je l’ai déjà fait pour des chroniques précédentes, je vais encore en lister ici quelques-unes pour enrichir mon propos. De plus en plus, ces « visions » me viennent en séries et en déclinaison d’un même thème.)

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La présence, ce que nous sommes (3/4)

L’essentiel n’est en rien ce que nous vivons, éprouvons, pensons, mais c’est la possibilité offerte à tous de s’éveiller et d’être en paix.

  • L’apprenti – LE MENTAL, UN PIÈGE INSOUPÇONNÉ-. S’agissant de s’éveiller spirituellement ou simplement de se sortir de ses problèmes ordinaires et plus ou moins éprouvants, l’être humain n’est-il pas aussi limité par la croyance que l’épanouissement, la libération, c’est pour demain, pour plus tard, pour une autre incarnation ? Dans bien des cas, ce ne serait même pas une croyance, mais une posture qui fut dictée par sa propre expérience. L’enfant qui attend « en vain » des soins, de l’attention, de l’amour, ne connaît pas d’autre expérience : « Au mieux, le contentement arrive après des lustres ».
  • La présence – Oui, cette sorte de croyances (ou de posture) existe et elle influence même tout un chacun peu ou prou. Or, quand cette croyance limitative est peu à peu abandonnée, une autre prend place ou se révèle. Elle peut se révéler, parce que cette autre croyance peut elle-même se nicher en tout un chacun à un certain degré. Et c’est alors la croyance contraire que l’éveil ou tout changement va se produire en un claquement de doigt. Oh, la libération peut tout à fait arriver de façon effectivement spontanée, mais certainement pas pour qui y croit. Croire ou ne pas croire reste du mental et représente toujours un obstacle. Quel est cet obstacle ?

    Croire, ne pas croire, penser inutilement, c’est rêver et souvent cauchemarder ; c’est être et rester endormi. Et tu parles d’éveil ! Tu continues de rêver. Tu penses et tu y tiens, mais c’est normal et « inévitable ». C’est la fonction indispensable du rêve. Le rêve a besoin du mental. Il n’y a pas de rêve sans mental, qu’il s’agisse du rêve nocturne ou du rêve diurne. Au passage, si tu peux te rappeler l’un de tes cauchemars (nocturnes), regarde ce que le mental persécuteur est capable de te faire vivre. Le mental n’est pas seulement chimérique, il finit surtout par être très cruel. Il passe du « croire » positif, généralement illusoire, au « non-croire », au « croire » négatif, souvent effroyable.

    Alors, dans l’instant, est-ce le dormeur seul qui reçoit ces mots ou y a-t-il un peu de présence pour les accueillir ? Il y a certainement des pensées (du rêve) qui passent, mais si tu vois l’attachement aux pensées, c’est un peu comme si tu surprenais le dormeur, le rêveur. Et c’est alors magnifique. Les pensées ne deviennent problème que s’il y a quelqu’un pour s’en emparer. Ce quelqu’un n’est rien d’autre qu’un programme sophistiqué. La capture avide des pensées est un phénomène généralisé, mais dont l’intérêt varie pourtant. Le degré de l’intérêt à s’emparer des pensées indique d’ailleurs celui de l’identification au « quelqu’un », au « moi séparé ».

    C’est parce que la transformation ou la libération ne se produit pas en un claquement de doigt, en général, que nous continuons de nous intéresser aux enseignements spirituels, d’enseigner aussi, de revenir sur les mêmes propositions, souvent à travers d’autres biais. On approfondit ainsi son recevoir, son appréciation, son intégration. C’est un peu comme toute œuvre d’art qui nous plaît (une peinture, une musique, une sculpture…). On y revient régulièrement, la découvre et la redécouvre sous d’autres angles, à travers d’autres nuances et l’on s’en imprègne ainsi, la fait sienne en quelque sorte.

  • A. – RENDRE, UN VRAI LÂCHER-PRISE-. Oui, et j’ai ainsi fini par retenir qu’il n’y avait autrement rien à faire, qu’il fallait au contraire cesser de faire, si l’on veut en tout cas emprunter la voie libératrice, celle de l’éveil, de la présence dévoilée.
  • P. – Et cesser de faire, comme nous l’avons suggéré, c’est notamment cesser de prendre, de s’emparer des pensées, des images, des événements, des douleurs… Lâcher prise, c’est en fait cesser de prendre. Le lâcher-prise est souvent envisagé à partir de ce qui a été pris, ce qui est pertinent, mais c’est en fait davantage arrêter de prendre (nous aurons à y revenir). D’une certaine manière, lâcher prise, c’est même parfois rendre, rendre ce qui a été pris à tort. Rendre peut être une façon parfois utile de lâcher. C’est abandonner un fardeau dont on s’était à tort cru responsable.

    Cet abandon est encore une sortie du rêve et tu es alors ce qui reste quand le rêve a cessé, à savoir la présence, ce qui est conscient notamment du rêve, de tous les rêves. Tu as restitué ce qui ne t’appartient pas, ce qui ne t’incombe pas, et tu es libre comme l’air, tu es libre, tu es. Tu n’es plus identifié au conditionnement, tu ne te prends plus pour un soi séparé. Tu n’es plus que présence. OK, tu n’en es pas là ou tu ne le vis que de façon épisodique. Le plus souvent, tu restes pris dans l’identification à un soi séparé, à un « je séparé ». Ce « je séparé » « existe » ou s’exprime à travers ce positionnement général que tu as évoqué et qui n’est rien d’autre qu’un vieux programme, non pas qui tu es.

    Si tu ne peux percevoir le positionnement « soi séparé », la non-existence du soi séparé, l’identification trompeuse au conditionnement, invite-toi à renoncer un instant à chaque fois à être quelqu’un. Ne sois personne ou sois comme dans un état où tu ne sais strictement rien, où tu n’attends absolument rien et où le passé a perdu tout attrait. Reconnais le positionnement que tu adoptes ou sois conscient d’être conscient, d’être présent, juste d’être. N’être personne, c’est essentiellement renoncer à l’importance auto-accordée, au fait de se prendre au sérieux…

    Sache aussi (rappelle-toi) que le seul obstacle est la honte et la culpabilité, en fait la séparation primordiale. Peu importe la forme qu’il prend, il n’y a qu’un seul obstacle, c’est la séparation. Il te reste à te pardonner. Tu n’en es généralement pas conscient, mais tu te fais toi-même ce que tu subis et non pas seulement pendant les cauchemars de la nuit. N’est-ce pas atroce ? « On s’inflige soi-même ce que l’on endure car on est la seule personne à pouvoir se déposséder de la paix de Dieu » (Michael Dawson). Et ce n’est pas hier, ni il y a des décennies, mais c’est aujourd’hui, en ce moment même que l’on « s’inflige soi-même ce que l’on endure ». Rends désormais à l’univers ce que tu as pris par mégarde !

  • A. ) Si j’ai compris le risque de la rechute, phénomène apparemment fréquent, il reste quelque chose qui m’échappe ou quelque chose qui a pu souvent me sembler dur à vivre. Quand il y a conscience d’un état émotionnel douloureux et, d’une certaine manière, conscience aussi de l’identification à son vieux conditionnement, comment est-ce possible qu’il arrive que le rappel de la sagesse, l’auto-invitation à retrouver la présence ne fasse pas son effet avant longtemps, trop longtemps ?

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