La réaction ou la projection

(Depuis deux ou trois ans, j’ai pris l’habitude de twitter quotidiennement des « visions invitantes », aussi diffusées automatiquement sur ma page et mon compte Facebook. Je recueille fidèlement ces « visions » qui sont généralement inspirées ou dictées par les circonstances et j’en ai à ce jour environ neuf mille. Et comme je l’ai déjà fait pour des chroniques précédentes, je vais encore en lister ici quelques-unes pour enrichir mon propos. De plus en plus, ces « visions » me viennent en séries et en déclinaison d’un même thème.)

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La présence, ce que nous sommes (3/4)

L’essentiel n’est en rien ce que nous vivons, éprouvons, pensons, mais c’est la possibilité offerte à tous de s’éveiller et d’être en paix.

  • L’apprenti – LE MENTAL, UN PIÈGE INSOUPÇONNÉ-. S’agissant de s’éveiller spirituellement ou simplement de se sortir de ses problèmes ordinaires et plus ou moins éprouvants, l’être humain n’est-il pas aussi limité par la croyance que l’épanouissement, la libération, c’est pour demain, pour plus tard, pour une autre incarnation ? Dans bien des cas, ce ne serait même pas une croyance, mais une posture qui fut dictée par sa propre expérience. L’enfant qui attend « en vain » des soins, de l’attention, de l’amour, ne connaît pas d’autre expérience : « Au mieux, le contentement arrive après des lustres ».
  • La présence – Oui, cette sorte de croyances (ou de posture) existe et elle influence même tout un chacun peu ou prou. Or, quand cette croyance limitative est peu à peu abandonnée, une autre prend place ou se révèle. Elle peut se révéler, parce que cette autre croyance peut elle-même se nicher en tout un chacun à un certain degré. Et c’est alors la croyance contraire que l’éveil ou tout changement va se produire en un claquement de doigt. Oh, la libération peut tout à fait arriver de façon effectivement spontanée, mais certainement pas pour qui y croit. Croire ou ne pas croire reste du mental et représente toujours un obstacle. Quel est cet obstacle ?

    Croire, ne pas croire, penser inutilement, c’est rêver et souvent cauchemarder ; c’est être et rester endormi. Et tu parles d’éveil ! Tu continues de rêver. Tu penses et tu y tiens, mais c’est normal et « inévitable ». C’est la fonction indispensable du rêve. Le rêve a besoin du mental. Il n’y a pas de rêve sans mental, qu’il s’agisse du rêve nocturne ou du rêve diurne. Au passage, si tu peux te rappeler l’un de tes cauchemars (nocturnes), regarde ce que le mental persécuteur est capable de te faire vivre. Le mental n’est pas seulement chimérique, il finit surtout par être très cruel. Il passe du « croire » positif, généralement illusoire, au « non-croire », au « croire » négatif, souvent effroyable.

    Alors, dans l’instant, est-ce le dormeur seul qui reçoit ces mots ou y a-t-il un peu de présence pour les accueillir ? Il y a certainement des pensées (du rêve) qui passent, mais si tu vois l’attachement aux pensées, c’est un peu comme si tu surprenais le dormeur, le rêveur. Et c’est alors magnifique. Les pensées ne deviennent problème que s’il y a quelqu’un pour s’en emparer. Ce quelqu’un n’est rien d’autre qu’un programme sophistiqué. La capture avide des pensées est un phénomène généralisé, mais dont l’intérêt varie pourtant. Le degré de l’intérêt à s’emparer des pensées indique d’ailleurs celui de l’identification au « quelqu’un », au « moi séparé ».

    C’est parce que la transformation ou la libération ne se produit pas en un claquement de doigt, en général, que nous continuons de nous intéresser aux enseignements spirituels, d’enseigner aussi, de revenir sur les mêmes propositions, souvent à travers d’autres biais. On approfondit ainsi son recevoir, son appréciation, son intégration. C’est un peu comme toute œuvre d’art qui nous plaît (une peinture, une musique, une sculpture…). On y revient régulièrement, la découvre et la redécouvre sous d’autres angles, à travers d’autres nuances et l’on s’en imprègne ainsi, la fait sienne en quelque sorte.

  • A. – RENDRE, UN VRAI LÂCHER-PRISE-. Oui, et j’ai ainsi fini par retenir qu’il n’y avait autrement rien à faire, qu’il fallait au contraire cesser de faire, si l’on veut en tout cas emprunter la voie libératrice, celle de l’éveil, de la présence dévoilée.
  • P. – Et cesser de faire, comme nous l’avons suggéré, c’est notamment cesser de prendre, de s’emparer des pensées, des images, des événements, des douleurs… Lâcher prise, c’est en fait cesser de prendre. Le lâcher-prise est souvent envisagé à partir de ce qui a été pris, ce qui est pertinent, mais c’est en fait davantage arrêter de prendre (nous aurons à y revenir). D’une certaine manière, lâcher prise, c’est même parfois rendre, rendre ce qui a été pris à tort. Rendre peut être une façon parfois utile de lâcher. C’est abandonner un fardeau dont on s’était à tort cru responsable.

    Cet abandon est encore une sortie du rêve et tu es alors ce qui reste quand le rêve a cessé, à savoir la présence, ce qui est conscient notamment du rêve, de tous les rêves. Tu as restitué ce qui ne t’appartient pas, ce qui ne t’incombe pas, et tu es libre comme l’air, tu es libre, tu es. Tu n’es plus identifié au conditionnement, tu ne te prends plus pour un soi séparé. Tu n’es plus que présence. OK, tu n’en es pas là ou tu ne le vis que de façon épisodique. Le plus souvent, tu restes pris dans l’identification à un soi séparé, à un « je séparé ». Ce « je séparé » « existe » ou s’exprime à travers ce positionnement général que tu as évoqué et qui n’est rien d’autre qu’un vieux programme, non pas qui tu es.

    Si tu ne peux percevoir le positionnement « soi séparé », la non-existence du soi séparé, l’identification trompeuse au conditionnement, invite-toi à renoncer un instant à chaque fois à être quelqu’un. Ne sois personne ou sois comme dans un état où tu ne sais strictement rien, où tu n’attends absolument rien et où le passé a perdu tout attrait. Reconnais le positionnement que tu adoptes ou sois conscient d’être conscient, d’être présent, juste d’être. N’être personne, c’est essentiellement renoncer à l’importance auto-accordée, au fait de se prendre au sérieux…

    Sache aussi (rappelle-toi) que le seul obstacle est la honte et la culpabilité, en fait la séparation primordiale. Peu importe la forme qu’il prend, il n’y a qu’un seul obstacle, c’est la séparation. Il te reste à te pardonner. Tu n’en es généralement pas conscient, mais tu te fais toi-même ce que tu subis et non pas seulement pendant les cauchemars de la nuit. N’est-ce pas atroce ? « On s’inflige soi-même ce que l’on endure car on est la seule personne à pouvoir se déposséder de la paix de Dieu » (Michael Dawson). Et ce n’est pas hier, ni il y a des décennies, mais c’est aujourd’hui, en ce moment même que l’on « s’inflige soi-même ce que l’on endure ». Rends désormais à l’univers ce que tu as pris par mégarde !

  • A. ) Si j’ai compris le risque de la rechute, phénomène apparemment fréquent, il reste quelque chose qui m’échappe ou quelque chose qui a pu souvent me sembler dur à vivre. Quand il y a conscience d’un état émotionnel douloureux et, d’une certaine manière, conscience aussi de l’identification à son vieux conditionnement, comment est-ce possible qu’il arrive que le rappel de la sagesse, l’auto-invitation à retrouver la présence ne fasse pas son effet avant longtemps, trop longtemps ?

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La présence, ce que nous sommes (2/4)

Dans ce genre de dialogues inspirés, je reçois régulièrement des messages que je pourrais qualifier de « personnels », qui se limitent en fait à un conditionnement spécifique. Je me permets de les publier quand il m’apparaît qu’ils puissent être d’une portée plus étendue. J’ai le sentiment que ce qui m’éclaire peut aussi en éclairer d’autres. C’est dire qu’il vous appartient de tester au besoin ce qui est dit pour vous-mêmes en substituant votre propre contexte au mien. L’interpellation collective n’est évidemment jamais oubliée ici dans les rôles de l’apprenti et de la présence, l’aspect personnel étant tout à fait secondaire.)

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La présence, ce que nous sommes (1/4)

En répondant à la proposition réitérée à la fin de chaque chronique mensuelle (depuis 11 ans), Jean-Pierre me questionne à propos de la présence en ces termes : « Dans les lectures, on voit  » être présent, de plus en plus présent, être profondément présent ou aller profondément au-dedans… » Ma question : comment va-t-on profondément au-dedans ? »
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Le basculement de l’attention

Nous allons ici évoquer ou rappeler quelques points notables du fonctionnement humain, ce qui pourrait d’ailleurs en constituer un résumé, en incluant de quoi commencer à nous en libérer (au besoin). De toutes façons, l’aide principale est essentiellement dans la perception pure de ce qui se passe, de ses fonctionnements, du conditionnement lui-même que l’on subit de façon habituelle et en l’ignorant bien sûr la plupart du temps. La perception révélera qu’autre chose est possible, pour tout le monde, dès lors que l’on peut se disposer à voir, à ouvrir ses yeux ou… son cœur ! Dans l’instant, pouvons-nous regarder tranquillement les choses ? Voyons justement si nous pouvons demeurer tranquilles, sans intervention excessive du mental, du penser.
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Une rectification essentielle

Soit on déplore ouvertement ce qui ne va pas dans sa vie, s’en plaignant à sa manière, soit on n’est même pas conscient (aussi étrange que cela puisse paraître) que des choses ne tournent pas rond. Dans les deux cas, on ne sait surtout pas que l’on est à côté de la plaque à bien des égards, que l’on fait fausse route et que l’on est donc perdu. On est perdu, parce que l’on se perd dans les pensées. « Quand ou comment pourrais-je bien être dans l’erreur ? » Serait-ce offensant que de se poser une telle question ou ne serait-ce pas plutôt une prétention caractérisée que d’affirmer que la question ne peut nous concerner en rien ? D’ailleurs, disons-le tout de suite, notre erreur fondamentale est de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas (cette « prétention » est l’erreur).
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Lettre aux non-lecteurs

Amusons-nous un peu ! Aujourd’hui, il me vient « d’adresser », de dédier cette nouvelle chronique à toutes les personnes qui ne la liront pas, qui ne la recevront pas, qu’elles soient ou non en situation de la lire. Ça fait beaucoup de monde, n’est-ce pas ? En réalité, tout le monde peut être concerné, d’une certaine manière, car notre lecture d’un texte ne garantit de loin pas que nous l’ayons vraiment reçu. En relisant parfois certains de mes anciens écrits, il m’est arrivé de me rendre compte que je n’avais pas reçu pleinement l’une ou l’autre des propositions dues à la seule inspiration. Ami non-lecteur, non-récepteur, je m’adresse donc à toi, familièrement ! Tu n’es pas autre de toute façon : je suis toi ou tu es moi… Quel étrange discours, j’en conviens !
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Un dialogue imaginaire (suite chronique Plongeon de l’humain) 4/4

(Le début de la première partie de ce texte, chronique d’avril 2016, donne des explications utiles à sa compréhension)
• Le lecteur – Incontestablement, je reçois ou j’ai reçu beaucoup de toutes ces propositions invitantes en écho à mes questions et commentaires. Je devine, en les relisant, que je peux en recevoir plus encore. Et une autre question me vient justement : que peut-on attendre de plus ou que devrait-on recevoir d’autre en s’abandonnant peut-être davantage à ce qui est enseigné ou suggéré là ? Quel changement pourrait-il se produire et pourrait-on l’encourager, le faciliter ?…
• La réponse – D’abord, commentons le propos même ! Il est intéressant. En d’autres temps, tu aurais pu juger de façon négative ces mêmes propositions (que tu dis « invitantes »), ainsi que l’auteur auquel tu les aurais imputées ou tu aurais pu autrement attribuer à cet auteur la responsabilité de ce que tu aurais reçu. Il y a ces invitations, inspirées, et il y a ce qui est reçu. Quelque chose est reçu quand quelque chose est ouvert et cela ne se fait pas par une volonté délibérée, ni par le contrôle, ni par le mental (de qui que ce soit). Il s’agit d’instants de grâce, pourrait-on dire, et il importe surtout de les apprécier purement et simplement quand ils se produisent.
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Un dialogue imaginaire (suite chronique Le plongeon de l’humain)3/4)

(Le début de la première partie de ce texte, chronique d’avril 2016, donne des explications utiles à sa compréhension)

–    Le lecteur – Tu as évoqué des circonstances propices à « l’explosion émotionnelle », peux-tu en dire un peu plus ?

–    La réponse – Aucune circonstance n’est cause profonde de la réactivation émotionnelle, grosse ou petite. La circonstance incriminée à tort est en réalité la chose utilisée pour permettre et justifier les émotions et les réactions qui nous habitent et nous encombrent quoi qu’il en soit. Perçois bien cette réalité non prise en compte ordinairement !

Quand j’ai vraiment perçu que j’utilise telle circonstance (ou telle personne) pour réagir comme je réagis, d’ailleurs jusqu’à l’interpréter (à ma « convenance »), je ne peux plus me laisser croire qu’elle a été la cause de mon malaise et cette seule perception/compréhension est déjà d’un effet incroyablement libérateur. La circonstance utilisée peut être aussi bien un coup dur qui nous tombe dessus (non pas par hasard) qu’une situation qui présente des aspects heureux comme on n’a « jamais » vécus jusque-là.

Le coup dur rappelle de façon générale et assez directe notre blessure principale, donc témoignage subtil et inattendu de la façon dont nous nous traitons nous-mêmes. Voici, par exemple, que l’on nous accuse à tort, mais on pourra découvrir que nous nous accusons nous-mêmes et de façon bien plus âpre. Bien sûr inconsciemment, on se fait traiter comme on se traite soi-même et le hasard ne saurait expliquer aucun coup dur. Cette réalité explique d’ailleurs que ce qui fait office de « coup dur » peut parfois n’être qu’un souvenir ou que du penser qui divague.

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